On ressent quoi en yoga nidra ?

Hier, j’ai assisté à un bel atelier de yoga nidra. La séance se clôture par une prise de paroles pour ceux qui le souhaitent. La question récurrente quand on ose la poser est « Mais que doit on ressentir en yoga nidra ? ».

Je dis « oser » car la plupart du temps personne n’ose dire n’avoir rien ressenti de particulier hormis une profonde détente. De fait, c’est déjà énorme.

Pendant longtemps moi même, excepté être bien détendue, je ne sentais rien d’autre. Pire ! Je m’emdormais.

C’est vrai que persévérer dans une pratique où la destination finale est complétement inconnue peut être perturbante.

L’élément qui ressort le plus souvent dans les effets du yoga nidra est la lumière. Une lumière soit concentrée sur le 3ème œil soit dans tout le corps. Je ne ferai aucune distinction et dire que ressentir la lumière à cet endroit plutôt qu’à l’autre c’est mieux. Car il faut d’ores et déjà retenir que le yoga nidra est singulier : mon yoga nidra n’est pas celui de mon voisin. Les perceptions seront différentes selon le vécu et les émotions de la personne. Par exemple, certains vont modifier les images sciemment, d’autres vont voir des anges, d’autres verront des animaux. Et d’autres rien du tout.

L’effet peut être physique : ressentir des fourmillements ou des pulsations dans une partie ou tout le corps. De la chaleur aussi. Le froid non, car le corps se refroidit mécaniquement lors d’un yoga nidra puisqu’étant endormi. Une majorité de nos organes se mettent au repos et n’entretient que la température corporelle strictement nécessaire pour passer une nuit. Lors de l’évocation des images, des sensations ou de l’histoire, on peut également  sentir physiquement les éléments : l’eau, la terre par exemple.

Pourquoi ces ressentis ? Il s’agit d’aller vers la conscience CIT qui souvent est occultée par CITTA, le mental.

Les différentes techniques de yoga nidra sont basées pour la plupart sur la dissociation avant l’intégration.

En effet, au cours des différentes étapes, le pratiquant pourra la vivre ( par exemple lors de la rotation de la conscience où il endort son corps), la regarder en tant qu’observateur (lors de la séquence sur les images) ou encore un peu des deux (par exemple lors des paires d’opposé). Cela vise d’une part à prendre conscience : prendre conscience de son corps et de ses sensations mais aussi prendre conscience qu’il est possible de mettre de la distance (par exemple lorsque les images sont projetées dans CHIDDAKASH, cet écran/espace illimité et universel devant les yeux). La conscience observatrice a été une découverte pour ce qui me concerne. Une révélation aussi, car en étant dans l’instant, il est possible de mettre un écart entre soi et ses réactions. Il est possible de voir sa colère et de l’observer sans être en colère. C’est le premier pas vers l’intégration : les émotions sont transcendées pour aller vers un espace intérieur infini où ce qui nous était invisible devient visible.

Richard Miller écrit dans son livre « Yoga Nidra a meditative practice for deep relaxation and healing » :  » On considère avec erreur que les objets de notre conscience sont des phénomènes séparés de nous.(…) parce que les impressions sensorielles ne sont pas séparés de l’esprit que les perçoit, nous ne sommes pas distincts de ce que nous percevons. La séparation est une projection mentale objectivée par nos sens et notre mental afin de maintenir une dualité entre le monde intérieur et le monde extérieur. »

Cela implique que la meilleure des perceptions que nous pouvons avoir lors d’un yoga nidra c’est celle de notre véritable nature, de notre unicité, de ce SOI profond sous jacent la plupart du temps. Le simple fait d’être détendu est le premier signe de l’abolition de la distinction entre un monde intérieur et extérieur, d’un apaisement des fragmentations du mental et des illusions qui en découlent.

Pour ce faire, il ne faut pas chercher un résultat mais pratiquer et se laisser du temps. Se laisser du temps pour ressentir et accepter parfois de s’endormir aussi.

« Tout l’univers est contenu dans un seul être humain : toi.
Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n’aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés. Ne cherche donc pas non plus Sheitan hors de toi. Le diable n’est pas une force extraordinaire qui t’attaque du dehors. C’est une voix ordinaire en toi.
« Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience. « , RUMI



Catégories :Pratiques

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