L’instabilité émotionnelle

Avez-vous parfois le sentiment d’être dépassé ? Qu’un simple souffle va déclencher l’apocalypse ? Sentez-vous votre cœur rater un battement devant le tourbillon de vos émotions ? Ce sentiment étrange où tout d’un coup c’est comme s’il y avait un dédoublement de personnes. Comme si vous étiez en train de contempler votre vie défiler et changer radicalement, impuissant ?

C’est ce que je vis actuellement. Cela donne une immense envie de pleurer et puis de rire. Cela éveille une peur diffuse, la confusion, une faiblesse physique et psychologique.

La vie est belle. Et je dis cela malgré de lourdes épreuves que j’ai traversées avec plus ou moins de réussite. Comme un navire tanguant sur des eaux agitées … et qui arrive à bon port sous le soleil après parfois un très long périple.

Chaque humain traverse des moments difficiles. Ce sont nos réactions qui diffèrent. Certaines personnes sont complètement abattues et ont du mal à refaire surface, d’autres arrivent à continuer d’avancer avec de la joie au cœur. Et cette différence s’explique peut être mais je n’en connais pas fondamentalement les raisons.

Cependant, je peux dire ce que je mets en place de façon consciente et aussi inconsciente lors de cette période trouble.

Oh ! bien sûr cela donne des crises de larmes et des moments d’euphorie mais c’est justement ces moments de hauts et de bas que je déteste le plus. Non pas parce qu’il révèle des faiblesses, mais parce qu’il est inconfortable et crée de profonds déséquilibres.

Pour ma part, cela se traduit physiquement par, outre la prise de poids, des démangeaisons, des douleurs dans la nuque et le dos et un déséquilibre du bassin. Mon dosha Kapha est en complet déséquilibre, et, tout de suite, j’ai le nez qui se coule. Je fais aussi de la rétention. Je deviens physiquement plus lourde, presque inerte.

Dans ma pratique du yoga, cela m’interdit ou plutôt modifie ma façon de réaliser physiquement certaines postures. Bien entendu, je tiens moins les équilibres voire pas du tout. Mes pieds s’enracinent moins et vacillent. Mes mains ne ressentent plus les mêmes appuis. Mes épaules deviennent hésitantes, les flexions latérales et en avant douloureuses (avec un psoas se crispant). Des postures qui relèvent d’un quotidien facile deviennent impossibles (par exemple pascimottanasa).

Dans ces cas là, et de plus en plus clairement le temps passant, j’accepte cet état physique et met en place des soins particuliers : massage des zones douloureuses avec de l’huile d’arnica additionnée de quelques gouttes d’huile essentielle de gaulthérie et quelques unes de petit grain bigarade. L’arnica et la gaulthérie conjugués vont détendre les muscles. Le petit grain bigarade va agir sur le système nerveux en le calmant.

Je continue de faire des lavement de nez (jala neti). Je mélange deux cuillères à café de sel marin bio dans 1,5 litres d’eau (que je fais chauffer), je secoue et ce mélange va dans un neti lota (c’est une verseuse avec un long bec qui pénètre dans la narine). Et je nettoie les narines lentement en y versant le liquide. Je respire par la bouche. Quand j’ai passé mon litre et demi dans les deux narines, je fais des respirations de type kapalabathi pour bien évacuer le liquide qui pourrait rester dans les narines. On évite de se moucher après un lavement au risque de se faire mal aux tympans !

Personnellement, je fais jala neti tous les jours quelque soit la saison. Je ressens immédiatement une respiration différente comme si tout d’un coup je pouvais inspirer plus d’air. La sensation est extraordinaire : elle s’apparente à une libération dans le corps. Même en voyage j’emmène un neti lota en plastique avec moi et je prévois des petites doses de sel dans un petit pot.

J’essaie de boire beaucoup d’eau, de ne pas craquer sur la nourriture et de manger des légumes.

Et surtout je mets l’accent sur le mental. Bien sûr la pratique des asanas va avoir un effet. D’abord le plaisir de fouler mon tapis et de pratiquer, le plus concentrée possible. Et tant pis, si je suis instable dans beaucoup de postures : j’utilise alors des variations avec accessoires (briques, ceintures, traversin, mur). En cours collectif, le plaisir d’être guidée et de ne plus penser. Le plaisir aussi de se retrouver avec mes copines de yoga. Un câlin, cela fait du bien.

Mais surtout, je respire, je médite et je pratique yoga nidra. C’est trois pratiques permettent de retrouver de la stabilité mentale et de revoir sereinement les choses. Ce qui était triste bancal redevient ordinaire et normal. L’impermanence de la vie ne signifie pas déséquilibre mais nouvelle adaptation et nouvelle étape. La respiration calme (et j’aime beaucoup kapalabathi pour éveiller agni dans le corpos qui va brûler cette instabilité mentale) puis nadhi sadhana (la respiration alternée) si possible sur une dizaine de minutes. Vous dire qu’on se sent légèrement shouté est faible. La consistance du corps se modifie, la perceptions sensorielle change, les nerfs s’apaisent. Ce que j’aime c’est de me focaliser sur l’air dans mes deux narines. Personnellement à un moment donné de la lumière arrive dans les yeux et s’inscrit sur mon front. On dit alors que le 3ème œil s’éveille.

La méditation et le yoga nidra, bien que deux techniques différentes, ont les mêmes effets pour ce qui me concerne : l’apaisement mentale ET la clarté mentale. Ce qui permet d’abord d’apaiser cette instabilité émotionnelle qui peut nous emporter mais également qui me remet « les deux pieds sur terre ».

La vie est comme la flamme de la bougie dans le vent.

Eh oui ! la vie est un cycle continu de choses agréables et douloureuses/difficiles. Elle nous rappelle que bien souvent on n’a que le sentiment de maitriser. Mais en fait, comme tout humain, elle nous remet à notre place, sur un fil en équilibre et que parfois, et bien un coup de vent nous fasse tomber.

Alors la méditation devient cet outil qui me ramène ici et maintenant. Parfois, je en parviens pas à aller au bout : un bruit, quelqu’un qui me parle, ma séance qui s’arrêtent sur le téléphone parce qu’il ne capte plus.

Le yoga nidra me transporte dans un état qui transcende tous les états de conscience que nous connaissons tous. Une espèce d’espace de flottement. Sans joie et sans douleur. Juste très bien. Je dis sans joie car il n’y a pas de rire. Mais pour moi cela s’apparente à un état de félicité où je suis à la fois si présente et en même temps si loin des contingences purement matérielles de notre vie.

Parfois, cela peut me jouer des tours et alors après une séance de yoga nidra, la nuit qui suit, je repars involontairement dans un autre yoga nidra : cette impression de vivre une seconde journée alors que le corps dort. Au début je trouvais cela horrible et j’avais le sentiment de ne pas me reposer. Mais en fait si. Physiquement le corps avait pris du repos. Le mental aussi. C’est la conscience qui se manifestait et qui brûlait dans la lumière qui explosait sous mes paupières closes toutes ces émotions déséquilibrantes.

Il ne s’agit pas d’une solution miracle : il me faut quelque temps pours « digérer » ces émotions, les brûler. Mais je sais même quand je sens que les larmes pourraient couler que je retrouve mon équilibre. Je puise dans ces pratiques une force immense. Je suis invincible parce que je me respecte et que j’accepte l’existence de ces émotions. Elles ne sont pas refoulées : elles sont assimilées et digérées.

C’est ce qui me permet d’accepter l’impermanence de la vie mais aussi d’en profiter, parfois sans peur.



Catégories :Réflexions

Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

1 réponse

  1. Oui, je pense aussi que le plus important pour traverser les hauts et bas est de s’ancrer dans ses pratiques personnelles. C’est tellement précieux d’avoir trouvé ce qui te correspond!

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :