Note de lecture : La sagesse expliquée à ceux qui la cherchent

Je viens de finir un des derniers ouvrages de Frédéric LENOIR « La sagesse expliquée à ceux qui la cherchent ». Autant vous le dire tout de suite : j’apprécie énormément son style d’écriture, ses idées. J’apprends beaucoup en lisant ses ouvrages.

Comme vous tous, j’ai suivi les cours de philo au lycée. Lors de mes études supérieures, j’ai fréquenté des grands concepts de philosophie. J’ai eu du mal pendant toute cette période, vraiment du mal. Certaines choses me paraissaient évidentes, d’autres pas du tout, mais alors pas du tout. C’est avec le yoga que j’ai senti le besoin d’aller plus loin dans les concepts que je rencontrais. C’est même pour cette raison que j’ai suivi une formation de professeur de yoga, pensant m’instruire des grands concepts de l’hindouisme. Ce qui est étonnant d’ailleurs c’est que l’on fasse une distinction entre les différentes sagesses du monde entier alors qu’elles s’entretiennent toutes des mêmes sujets. Dans le même temps, j’ai eu l’immense plaisir de lire « Le problème Spinoza » de Irvin YALOM dont je vous recommande chaudement la lecture. Alors quand Frédéric LENOIR a écrit « Le miracle Spinoza, une philosophe pour éclairer notre vie », je n’ai pas hésité et je l’ai emprunté à la bibliothèque. Je ne vous ferai pas une note de lecture à propos de cet ouvrage : il y a encore tant de choses que je n’ai pas comprises ! Quand j’aurais atteint la maturité philosophique, je me lancerai dans la lecture de « L’éthique » de SPINOZA.

Frédéric LENOIR est un grand admirateur de SPINOZA et il en parle dans « La sagesse ».

La sagesse, pourquoi faire ?

Lorsqu’on aspire à la sagesse, on n’aspire pas à devenir un héros spirituel, à être le plus sage ou le plus vertueux des hommes, mais à grandir autant qu’on le peut, en acceptant ses limites, ses vulnérabilités et ses fragilités. Le chemin de la sagesse est un chemin d’humilité et d’acceptation de ce qui est.

La sagesse libère l’individu de l’emprise sociale, des normes collectives imposées.

Sagesse et religion ?

Souvent, j’entends la confusion entre spiritualité et religion. Alors, évidemment, quand Frédéric LENOIR écrit que « la religion est collective et la spiritualité est individuelle. » et que « la spiritualité, c’est l’effort personnel qui cherche à se délier de tous ses conditionnements culturels et de ses a priori intellectuels pour chercher la vérité, l’amour et le bonheur. La vie spirituelle implique à la fois l’esprit (spiritus, d’où vient le mot spirituel) et le cœur. La religion demande l’obéissance à des croyances, des dogmes, des règles, des normes. »

Et là à cet instant, vous comprenez mes longs prolégomènes sur SPINOZA : c’est un des rares aspects que j’ai compris de ce philosophe et que j’aime beaucoup. Chacun est libre de croire. Vraiment. Quelque soit son Dieu qui pour moi est le même pour tout le monde même s’il porte un nom différent et fait l’objet de rites divers. Mais on a fait et on fait la guerre au nom de Dieu, et là, je ne comprends plus. C’est pour cela que ma quête spirituelle n’est pas une quête religieuse.

Sagesse et quête du bonheur ?

Le bonheur est en chacun de nous. C’est brutal mais c’est vrai. On imagine malheureusement dans notre société d’hyper consommation que le bonheur s’obtient et se mesure à la quantité d’objets détenus alors que nous sommes en train de mourir à cause de ces mêmes objets… Un seuil pour une partie de la population mondiale a été dépassée et nous entraînons avec nous malheureusement ceux qui ne s’en sortent même pas au quotidien. Pour autant, de nombreuses études ont démontré que la richesse matérielle n’était pas le corollaire du bonheur. Frédéric LENOIR écrit que  » plutôt que de chercher à adapter le monde à ses désirs, le sage transforme ses désirs pour les adapter au monde, autrement dit au réel. Il apprend à aimer la vie de manière inconditionnelle et non pas seulement quand tout lui est favorable. (…) L’idéal de la sagesse et la conception du bonheur qu’elle véhicule sont en effet aux antipodes de la vision du bonheur contemporaine la plus répandue dans nos sociétés matérialistes et consuméristes. « 

On a une tendance à mesurer notre bonheur également à l’aune de l’absence de malheurs. Une telle vie n’existe pas. Des malheurs, nous en traversons tous : décès de proches, maladies, accidents … La sagesse enseigne le non attachement et l’impermanence pour traverser ces périodes. On fait malheureusement une confusion entre non attachement et amour. Ne pas s’attacher, c’est faire preuve de malléabilité et d’acceptation de ce qui est vraiment. Cela évite la souffrance. L’amour est toujours là. Une personne meurt : elle n’est plus (l’attachement disparaît) mais vous aimez et aimerez toujours cette personne. Votre enfant grandit et quitte le cocon familial : il vit sa vie pour autant vous l’aimez toujours et vous le laissez vivre sa vie.

Fondamentalement, et que j’aime cette phrase !, « un homme malheureux quelque part sera malheureux partout et un homme heureux quelque part sera heureux partout. » Des malheurs dans ma vie j’en ai eu comme tous, et des très très douloureux. Mais j’ai appris une chose qui m’a toujours guidée : la joie ne s’acquiert pas, elle se vit. On n’a qu’une vie et la vie est comme la flamme de la bougie. C’est très dur mais se relever à chaque fois, se prendre encore une fois en main, observer, et travailler sur son cerveau (car bien souvent c’est lui qu’il faut incriminer), c’est ce qui permet malgré tout de goûter le plaisir d’un rayon de soleil ou de la goutte de pluie, d’entendre le chant de la cigale, de la reinette ou du coq. Frédéric LENOIR résume cela par « Dire oui à la vie« .

Comment parvenir au bonheur alors ?

La réponse se trouve en chacun de nous. Elle est d’abord le fruit d’une réflexion sur Qui suis-je ? SPINOZA (tiens, tiens !) « dans son livre l’Ethique explique que tout organisme vivant fait un effort pour persévérer dans son être et pour grandir. Et il constate que chaque fois que nous augmentons notre puissance d’agir, que nous nous accomplissons selon notre nature singulière, nous sommes dans la joie. A l’inverse, chaque fois que notre puissance d’agir diminue ou que nous n’agissons pas selon notre être profond nous sommes dans la tristesse. »

Les philosophes PINDARE puis NIETZSCHE ont résumé la quête du bonheur par « Deviens ce que tu es !« 

Quelles sont les vertus à développer ?

L’amour, la bienveillance (maitri), la compassion (karuna), la justice, la tempérance (dans le sens de jouir de la vie en conscience), le courage et la prudence.

Si nous nous interrogeons, n’est ce pas la réponse à bien des défis qui nous attendent ? L’amour / bienveillance / compassion au regard des guerres, de la situation des réfugiés, des animaux et de notre Terre. La justice c’est l’équité et l’honnêteté. Notre justice, institution, n’est pas équitable. Elle est juste au regard de la Loi, écrite par des humains dans un processus « démocratique » (je mets le mot entre parenthèse car malheureusement les lois votées ne sont pas toujours celles annoncées au moment des élections et qui sous tendent le choix « libres » des citoyens). C’est une des questions philosophiques qui reviennent le plus souvent : la Justice est-elle juste ? Est-elle équitable ? La Justice humaine n’est pas Juste. Oh ! elle espère faire de son mieux … mais elle n’est pas juste. Malheureusement elle se confond avec la notion de pouvoir / puissance et les grands idéaux s’évanouissent. Considérez également les droits de la défense où un avocat pour défendre les droits de son client, ment par omission ou manipule les mots. Je vous renvoie à Maître Karlsson dans Engrenages (la série est intéressante).

Même en parlant de sagesse, on arrive à parler d’organisation politique …

La tempérance serait le mot le plus à la mode actuellement en ce qu’il contient la notion d’instant présent. Car jouir de l’instant présent annihile les désirs du futur. C’est une question que chacun doit explorer. Moi cela me conduit directement à ma façon d’agir dans ce monde moderne : j’entends sur le plan environnemental et comportement social et consumériste. Je me rends compte de l’importance prise par le compte en banque dans la vie de tous les jours. De l’emprise du consumérisme sur notre société. De la difficulté à juste ralentir. C’est quand même dingue de penser que ce sont des humains qui font subir cela à d’autres humains. Nous gagnerions tous à nous interroger et à cesser de dire que c’est la faute de l’autre. Et cela nous amène au courage. Le courage de prendre sa vie en main. de ne pas se voir comme victime (et c’est facile de se victimiser). Attention, ne surtout pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : il y a des personnes qui sont réellement des VICTIMES. Les gens qui subissent les guerres, les maladies et la faim, les catastrophes naturelles, les violences conjugales, physiques, verbales et morales. Et puis, il y a les personnes qui se « complaisent » dans ce statut. Parce que sortir de cette vision demande beaucoup de courage et que ce n’est pas évident. C’est humain. On pleure tous à un moment donné sur nous-mêmes. Moi je le fais et parfois cela peut durer un petit peu. Et franchement ? …. C’est pénible ! Intervient alors la prudence au sens de discernement. Il faut du discernement pour agir et vivre en cohérence avec toutes ces vertus. Le discernement c’est aussi accepter ses erreurs : faire preuve de souplesse. Souplesse de l’esprit pour évoluer, souplesse mentale pour guider son cerveau et cesser de REagir… et boum ! on retombe sur la souplesse physique et le yoga postural (la boucle est bouclée).

Cet effort ? C’est cela le bonheur. C’est cela la sagesse. C’est la réalisation de son SOI, la libération de son EGO (par rapport à son EGO). Bref, c’est le YOGA !

NAMASTE !



Catégories :J'ai lu

Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :