Mon portrait : le yoga, le souffle, le respect, l’amour

Voici moins de quinze jours que je suis rentrée de Glasgow où je me suis rendue pour la première moitié de ma formation Professeur de Forrest Yoga (la seconde moitié s’effectuant en mai prochain).

Dans un précédent article, j’ai présenté ce qu’était le Forrest Yoga Mon yoga : le vinyasa et le forrest yoga. Je suis très heureuse d’avoir entamé ce nouveau chemin. Ce n’est pas pour le côté « prof de yoga », après tout j’ai déjà un diplôme. Mais cet été, j’avais senti un appel venant de mon coeur me soufflant qu’il me fallait aller suivre cet enseignement.

12 jours consécutif de yoga, c’est d’abord physiquement fatiguant. Une pratique intensive, très intensive le matin, et l’après midi, apprentissage des hands-on assist (ajustements manuels), et des cours d’introduction au forrest yoga qui seront donnés au public en seconde semaine. Cela donne non seulement des pauses déjeuners rapides entre courses, repas, douche et révision et des soirées de travail personnel : lecture du manuel, apprentissage des indications verbales pour les postures et révision de la partie de cours à assumer. Le tout en anglais (ce qui pour moi revêtait une valeur de challenge).

Le groupe dans lequel j’évolue est absolument adorable. Plusieurs nationalités, une moyenne d’âge autour de 35 ans, des femmes et des hommes, des leggings de toutes les couleurs, des intonations différentes, des regards chaleureux jamais dans le jugement. Des doutes parfois planent parmi nous. des pleurs aussi quand une émotion remonte ou bien quand on dépasse sa peur d’être vu telle qu’on est, sans voir autre chose que de la bienveillance. Des horizons différents. Des hugs internationaux. Et puis des gens super sympas aussi quand tu ne parles vraiment pas bien l’anglais (heureusement que le système éducatif français a un peu évolué à ce sujet !).

Les profs, Jambo Truong et Charlie Speller, sont non seulement hyper compétents, très professionnels mais en plus ils sont hyper adorables.

oui nous sommes tous sortis à un moment ou un autre de notre zone de confort. Ce n’est pas facile. Vraiment pas. Mais après, cela va tout seul. C’est naturel.

Je n’ai rien appris et j’ai tout appris. Je continue encore plus maintenant à mieux décrypter mon corps et à le soigner et le respecter. Sur 12 jours, je n’ai fait la roue qu’une seule fois (alors que c’est ma posture préférée), j’ai réalisé de toutes petites torsions très légères pour respecter ma douleur du bas du dos (une protrusion discale dont j’ai parlée ici Blessures, yoga et sciatique). J’ai énormément transpiré : je me demande parfois d’où vient toute cette eau ! J’ai aussi pleuré le jour 4 (toujours un jour très difficile pour moi) : c’est sorti comme cela. C’était profond, comme une purification dans les bras d’une prof que j’ai appelé Mama Eagle. De ce jour là, mon aigle à moi ne m’a plus quitté. Peut être que lors de formations comme celles-ci les moments sont tellement forts qu’il y a des instants de spiritualité qui dans la vie de tous les jours peuvent paraître bizarres, étranges, voire même complètement frappadingues … Mais cet aigle je l’ai vu en pensée aux Etats Unis en plein désert comme une vision et là, au studio,  il est resté avec moi tous les jours. De ce jour là, j’ai senti une immense force et une grande sérénité. un pas était passé.

Pour être honnête, au sens de satya, et parce que ce blog c’est aussi pour moi avancer sur le chemin de svadhyaya (même si je me découvre beaucoup aux yeux de personnes que je ne connais pas), le 5ème jour, j’ai fait part au groupe de mes doutes, de cette incapacité à croire en moi et en ma valeur et surtout en tant que prof de yoga. Jambo, qui me connait, m’a dit deux choses. Il est persuadé que je suis une excellente prof de yoga et que j’ai un trésor en moi. Cependant, cette fois-ci, je devais trouver la force de me faire face car mon problème n’était qu’entre moi et moi. Alors j’ai eu un devoir (encore un !) : méditer pendant 28 min et laisser émerger ce qui faisait de moi une super prof !

Ce jour là j’ai franchi un cap : celui de l’acceptation. Je n’ai pas eu besoin de méditer. Cela a émergé tout seul. J’étais aveugle. Je suis quelqu’un qui est en mesure de soutenir, aider et prendre soin des gens : je dois l’accepter. Quand je crée un espace pour que les personnes se sentent bien, à l’aise, et acceptent d’être vues telles qu’elles sont sont, je suis sur ma voie et je fais un très bon travail. Mes dons sont mes yeux, mon cœur, mon sourire, mon âme et mes mains. J’ai écrit un serment. A travers celui-ci, je crois que l’on est en mesure de comprendre ce qu’est le yoga pour moi : souffle, respect et amour.

Je fais le serment d’honorer mon endroit sacré, mon corps, mon coeur et mon âme

Je suis forte et j’ai un réel pouvoir. Mes oreilles ont entendu de si belles choses, mes yeux ont vu la joie et le plaisir dans les yeux des autres.

Je reconnais que je peux guider les gens sur le bon chemin. Je peux les aider en les écoutant, les touchant, en partageant ce que j’ai appris, leur donner une étreinte ou un sourire.

Je reconnais que j’ai pu être effrayée par mon pouvoir car je pensais que les gens allaient me rejeter. Ce n’est pas le cas. C’est une projection que mon esprit a fabriqué. C’est ma peur qui s’exprime.

Je fais le serment de faire de mon mieux chaque jour. Je reconnais que je suis une guérisseuse et que je mérite d’être aimé pour ce que je suis et ce que je peux faire.

Je fais le serment d’aider, pas de blesser; d’aimer , pas de détester; de briller, pas d’être éteinte.

Je suis. JE SUIS.

Je me dit que c’est le bon moment pour répondre moi-même aux questions posées à mes copines. Voici donc mon portrait en yoga.

Quelle est ta formation de yoga ?

J’ai suivi une formation 200 h de professeur de vinyasa avec Amie Mouneimne à Asana Yoga Studio ici à Marseille. Puis j’ai suivi deux formations en ligne de yoga nidra : l’une de Rod Stryker, l’autre de Uma Dinsmore et Tuli de Yoga Nidra Network. Et ensuite la formation de 50h de Yoga nidra avec Christophe Ziegelmeyer. Et je viens de terminer le premier volet de la formation sur le tantra et le krama yoga de Rod Stryker. Et au milieu plein de stages avec Jambo Truong un des gardiens du Forrest Yoga.

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Depuis combien d’années tu es prof ?

Je suis prof depuis 2 ans pleins. Mais cette année, la 3ème, je ne donne plus de cours en studio. Je fais du bénévolat et je trouve cela très enrichissant : 2 cours de yoga nidra mensuels à mes collègues de bureau, un cours de respiration à ma voisine et un cours à mes deux copines. C’est arrivé comme cela.

Comment es-tu arrivée)à la décision d’être prof ?

Je n’ai pas pris de décision. Je crois que c’est arrivé comme cela. C’est Amie qui m’a proposé de donner des cours de vinyasa dans son studio : ce jour là j’ai été hyper méga heureuse. Et j’ai accepté !

En as-tu fait ton métier ?

Oh non ! Et je ne le ferais pas, même si c’est tentant. J’ai un métier à 100 % que j’exerce depuis plus de 20 ans. Ce n’est pas rigolo tous les jours mais j’aime ce que je fais. Et puis je gagne bien ma vie : ce qui me permet de faire ce que je veux ou presque.

Pourquoi as-tu suivi une formation ?

Les cours étaient trop courts pour moi. Il me manquait des choses. Je voulais en savoir plus. Je veux toujours en savoir plus. J’ai cet âme de l’éternel étudiant. J’adore lire et me documenter. Quand j’ai fait mes études supérieures, c’était déjà le cas. Alors j’ai cherché, sur Marseille, une formation où je pouvais trouver des réponses sur la philosophie, l’anatomie et aussi les asanas.

Avais tu beaucoup pratiqué auparavant ?

J’ai commencé le yoga en février 2014. Nous sommes en fin novembre 2019. Alors la réponse est non en nombre d’années. Pas forcément oui en nombre d’heures mais oui en passion. Cependant, je pratiquais déjà beaucoup et quasi quotidiennement.

Quel yoga enseignes-tu (on est d’accord qu’on ne parle que du postural, le yoga restant un seul yoga) ?

Actuellement, j’enseigne plus le yoga nidra. C’est une pratique extraordinaire. Pour les personnes qui font ce voyage mais aussi pour moi. Quand je crée un yoga nidra, je suis complètement avec les personnes qui m’entourent et je suis très apaisée. Je découvre ma capacité à accompagner une personne dans la réappropriation de son souffle. C’est simple et très difficile en même temps. Je m’oblige à écouter et à avoir l’esprit ouvert pour comprendre ce qu’il se passe dans la tête de l’autre personne et dans son corps. Je ne suis pas médecin. J’accompagne et j’aide. Et puis je ré-enseigne avec plaisir le vinyasa et dès la fin de semaine le Forrest yoga (puisque je suis en cours de formation pour cette pratique, Je refais une formation professeur de yoga … !!).

Quel serait pour toi la définition du yoga ?

C’est la vie, le souffle, le respect et l’amour. J’ai tant appris avec le yoga et j’apprends et découvre tous les jours. Je rencontre des personnes extraordinaires dont vous lisez sur mon blog les portraits que j’édite au fil du temps.

J’apprends à me connaître, à être plus sereine et à l’écoute. J’apprends à accepter d’être vue telle que je suis. Et pas assumer un rôle que la société ou mon métier m’a donné.

Qu’est ce que tu aimes dans ta pratique personnelle de yoga ?

L’effort physique et l’absence d’effort. Il y a ce moment où je ne suis que le mouvement et le souffle. Parfois, je sens l’espace grandir en moi comme si je me fondais dans l’univers. C’est quelque chose de très puissant et de très simple. Mais je ne pratique pas physiquement tous les jours. Parfois, je ne fais qu’un nidra. Ou bien je lis, je médite, je chante.

Qu’est ce que tu aimes quand tu es professeur de yoga ?

J’aime le contact et voir le sourire sur le visage des gens. Sentir qu’ils sont heureux ici. Je m’inquiète souvent de ceux qui ont le visage fermé ou le regard triste. J’essaie dans le peu de temps que j’ai de donner de l’amour et de partager ce que j’ai appris. C’est très gratifiant mais cela peut être très fatigant aussi. Il m’est arrivé de respirer toute la tristesse d’une personne et de rentrer à la maison lessivée.

Quel est le « membre » (asana, pranayama, yama, nyama, prathyara …) du yoga que tu aimes le plus ?

Je les aime tous. Depuis les cours de chanting avec Anne Nuotio, je porte une attention particulière aux yama / nyama. Bon soyons sincère, si j’ai parfois des moments intenses de joie pure et profonde, ce n’est pas le samadhi décrit par Patanjali !

Quel est ton yama ou nyama le plus important pour toi ?

Satya (cf 20150305_174429.jpgSatya, vérité et sincérité) et svadhyaya : ce que je traduis par l’honnêteté/sincérité et la connaissance de soi. Je ne suis pas sûre qu’il faille tout dire à tout le monde. Dire sa vérité peut blesser une personne. Mais je suis toujours sincère et je trouve cela très important dans les rapports humains. Cette sincérité peut être jugée un peu « nunuche » par certains, mais cela m’est égal car je suis moi et pas une autre personne.

Quel est le (ou les) livre qui t’a le plus marqué sur ton chemin de yoga ?

Quand je pense que d’habitude c’est moi qui pose cette question ! Pour moi elle est diffcile. Reportez vous à la page bibliothèque. Tous les livres repris sont à la maison. Je ne les ai pas encore tous lu. Bon, j’ai adoré lire le «Maharabatha». J’ai lu 3 fois la «Bhagavad Gita» et je crois que j’ai encore mal compris certains aspects. J’ai bien aimé «L’Arbre du Yoga» d’Iyengar. Pour un débutant c’est un livre très simple et qui contient déjà tellement de choses. «Le yoga art de vivre science de l’expérience» d’OP TIWARI est très instructif sur cette notion du yoga que je mets en lien avec le SAMKHYA KARIKA commenté par Bouanchaud D’Orval. J’adore Frédéric LENOIR. «L’âme du monde», beau texte philosophique. Le livre d’Ana Forrest, «Fierce Medicine» avec sa méditation de la mort ( je vous renvoie aussi au portrait Portrait : Audrey, la gentillesse naturelle, prof de Forrest Yoga) et puis tout ce qu’elle enseigne sur la respiration et le mouvement. Et puis je suis en train de lire «Yoga Beyond Belief» de Ganga White, où je me retrouve beaucoup jusqu’à maintenant et puis le livre de Rod Stryker «Four Desires». Je finirais par les livres sur le yoga nidra de Satyananda, Mathieu et Richard Miller. J’attends avec impatience la sortie de celui de Rod Stryker. Bon vu la liste, je n’en ai pas un qui m’ai marqué plus qu’un autre. Ou alors si, les Yoga Sutra. Mais les concernant, je dirais que je les découvre tous les jours. Je précise que la première lecture a été particulièrement aride. La deuxième aussi d’ailleurs. Je les lis en les chantant. Et progressivement, je les comprends et les intègre.

Si tu devais donner un conseil à un débutant de yoga, quel serait-il ?

De s’écouter : si cela ne passe pas avec le prof, changez de prof mais continuez le yoga ! N’allez pas loin dans les postures : ce qui compte ce n’est pas de finir sur un doigt c’est d’ETRE dans la posture. Le yoga n’est pas du sport. Soyez vous mêmes !

As-tu une sadhana (pratique régulière le matin)?

Oui, en tous les cas j’essaie. Je suis très marquée par l’ayurveda (voir mon article). Je médite assise ou bien je fais un yoga nidra d’une trentaine de minutes. La pratique physique pour moi vient soit sur la pause déjeuner soit le soir en rentrant du boulot.

As-tu des projets ?

Tout plein ! Finalement je vais créer mon association. Je vais essayer d’offrir un peu plus de cours mais je souhaite garder un équilibre avec ma vie à moi toute seule et ma propre pratique. J’ai un métier à 100 % assez prenant et j’ai encore ma fille avec nous. Je pense que je ferai des ateliers de Forrest yoga et de yoga nidra. Et puis je garde mes cours avec ma voisine, mes copines et au bureau. Et on m’a fait une jolie proposition à laquelle je réfléchis.

As-tu une posture que tu aimes en particulier ? Laquelle ? Pourquoi ?

La roue. Je n’ai jamais été très forte en gym au collège et au lycée. Soulever ma grande carcasse pas souple du tout à l’époque c’était mission impossible. Le jour où j’ai réussi à étendre mes bras et à m’élever, Waouh ! c’était super ! Je fais attention maintenant avec mon dos. Mais quand je suis bien échauffée et que j’ai bien étiré ma colonne vertébrale (merci le Forrest Yoga), je m’applique à parfaire l’image de ma roue. Et puis ensuite je joue pour gagner en confiance : levé de jambes, ou je fais la femme araignée – je marche. Mon prochain objectif : m’envoler avec l’aide du mur !

Un enseignant en particulier t’a-t-il marqué plus qu’un autre ? Pourquoi ?

Rod Stryker. J’adore. Je suis une fan absolue de sa sagesse. J’apprends beaucoup avec lui. Non pas en pratique physique mais du point de vue spirituel. Je suis abonnée à son application SANCTUARY with ROD STRYKER.

As-tu une phrase, mantra en particulier que tu aimes ?

Tada drastu svarupe vastanam : Alors ce qui voit se révèle à lui-même. Traduction de François Lorin. Le livre de maintenant.

Teyata Gate gate pāragate pārasaṃgate bodhi svāhā Aller, aller, aller au-delà, au-delà du par delà, vers la rive de l’Eveil. C’est le Mantra qui conclut le Sutra du cœur.

Et cette chanson chamanique

Home, I’m coming home

I need this land to heal my soul

Take me home *2

Over the green green hills and far away

Home to the Mother Land *3

Over the green green hills and far away

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Rétroliens

  1. Et si on étudiait les sutras ? Yoga citta vrtti nirodhah. Tada drastuh svarupe vastanam. YS I-2 et I-3. – Le blog yoga de Caro Caro

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