Nada, la yogini espiègle !

J’ai rencontré Nada il y a deux ans à Marseille chez Amie pendant un atelier de Jambo ! Une jeune femme pleine d’énergie, rigolote et sérieuse en même temps. Hyper attentionnée et à l’écoute.

J’ai passé un long moment avec Nada. Parcours typique / atypique en yoga, parcours thérapeutique et de passion. Son témoignage est super intéressant : un en sens, le yoga lui a apporté un nouveau souffle dans une vie bien chargée et malheureusement aussi douloureuse.

Le Forrest Yoga a entraîné Nada dans un chemin passionnant loin de son métier d’avocate que je vous propose de lire aujourd’hui. J’ai choisi de garder l’intégralité de ce qu’elle m’a dit : exercice nouveau pour moi avec ce portrait.

J’espère que vous apprécierez ce nouveau contact avec le Forrest Yoga à travers les yeux brillants de Miss Nada !

Quand as tu commencé à pratiquer le yoga ?

J’ai pris mon premier cours de yoga en 2011 : c’était de l’ashtanga. La prof est venue vers moi, son pendule à la main, à la fin du cours en me disant : « ne reviens pas, le yoga, ce n’est pas fait pour toi ! ». Elle avait raison, l’ashtanga n’est pas fait pour moi et pour mon corps : trop de poitrine, trop de blessures. En tous les cas, l’ashtanga que j’ai expérimenté. Et puis, à mon sens, cela se comprend. L’asthanga a été créé pour les jeunes hommes de l’arméeen Inde : cela entraîne des aptitudes très masculines. Bref ! Je suis contente qu’elle me l’ai dit.

J’ai ensuite fait du Bikram yoga en 2012/2013. J’étais en plein essor de ma carrière d’avocat. Je dormais très peu car je travaillais sur plusieurs fuseaux horaires. J’avais besoin de trouver un moyen de me ressourcer et de pouvoir continuer à ne pas dormir sans prendre de drogue. J’ai essayé le bikram et cella a fonctionné pendant un petit moment. Et puis, j’ai atteint mes limites. Je pratiquais 1 à 2 fois par jour ! Mais je me blessais très régulièrement notamment au niveau du dos. J’ai donc arrêté. Parallèlement, j’ai commencé à lire le livre d’Ana Forrest et découvert le forrest yoga.

Mon 1er cours de Forrest Yoga, c’était à Hong Kong où j’étais en voyage. Je venais juste de finir le livre Fierce Medicine. J’avais déjà pratiqué en ligne. Et puis, au Luxembourg, là où je vivais à l’époque, Kristi Mae Rodelli, puis Jambo Truong sont venus faire des ateliers.

Au Luxembourg, il n’y avait pas de prof de Forrest à l’époque.

Revenons au début de ta pratique : à ce moment là, le yoga c’était quoi ?

Ma première intention était de réussir à garder de l’énergie et de peu dormir. On peut vraiment y voir un lien avec le fitness : booster le corps pour pouvoir tenir. Le bikram est idéal pour ça : tu te déshydrates, tu as un coup de fouet de cortisol et du coup tu tiens.

Comment en es-tu arrivé à lire le livre d’Ana Forrest ?

La fille qui avait le studio de Bikram au Luxembourg avait fait une formation Advanced Yoga Teacher Training avec Ana Forrest. Elle m’a fortement conseillé de le lire. Je suis quelqu’un qui ne lit pas pour le plaisir. Alors je l’ai écouté en audiobook. Ensuite je l’ai lu.

Après cela, comment as tu fait ?

Au début, je continuais à aller au bikram. Je faisais aussi un peu de jivamukti mais cela résonnait de moins en moins en moi. J’ai commencé à faire une formation de bodyworker avec Jambo et Brian Campbell. C’était leur deuxième session. Après cette formation, je ne pouvais plus pratiquer dans des studios « classiques » et j’ai commencé exclusivement à pratiquer à la maison.

Cette formation m’a apporté une sensibilité immense : émotionnelle, visuelle, auditive, physique. Pratiquer avec d’autres personnes autour de moi devenait impossible. C’est là où mon rapport au yoga a vraiment changé : ma pratique devenait mon temps à moi. Il y avait une dimension plus thérapeutique que cours de fitness. J’avais besoin d’avoir un « espace qui était tenu ».

Qu’est ce qui t’a décidé alors à suivre une formation de prof de yoga ?

A dire vrai, prof cela n’a jamais été dans mes plans. Je suis allée à un atelier d’Anna aux États Unis à Fort Worth (Texas). Mon second avec elle. Le 1er c’était 6 mois avant. C’était pour la voir. J’étais intriguée après la lecture du livre. J’ai fait le second atelier après le bodywork. Et puis juste après, j’ai été admise en soins intensifs avec une double embolie pulmonaire. On ne savait pas ce que j’avais. Alors, dans ma tête, je me suis dite qu’il fallait qu’Anna Forrest me « remette » sur pied. Une espèce de contre-atelier …

Je suis allée à Berlin pour un mois. On me disait que ça allait être très difficile de faire la formation juste après une sortie de soins intensifs. Bizarrement, la pratique n’était pas si dure que ça pour mon corps. Et puis, j’ai été suivie médicalement tout le ong de la formation (1 mois complet). J’adaptais systématiquement la pratique à mon corps, ce qui est d’ailleurs un des piliers fondamentaux du Forrest Yoga.

C’est là que j’ai commencé à voir mon corps comme un allié plutôt qu’un truc qui me trahissait.

Aller à cette formation, ce n’était pas prémédité et je l’ai d’ailleurs dit à Ana Forrest : « je ne veux pas être prof ». J’avais dès le départ mis des barrières. Elle m’a regardée presque abasourdie.

Et ce mois intensif alors ?

C’était dur. J’ai failli partir : mes valises étaient prêtes. C’était dur psychologiquement et émotionnellement pour plein de raisons. Aucune n’avait à voir avec mon corps ou ma santé. C’était dur à cause de ces points de tension, les trigger point – ma voix, la façon dont je suis perçue, même la figure maternelle d’ Ana – sur lesquels je devais travailler par rapport à ma lignée, mes ancêtres. Et puis, aussi cette idée de devoir enseigner…

Mais c’était intéressant.

C’était aussi un grand groupe : cela me permettait de me fondre dans la masse. Ceci étant, j’ai reçu beaucoup d’attention, et j’étais presque embarrassée d’en recevoir autant. Et puis cela appuyait aussi sur ce que je ne voulais pas voir.

C’est une copine qui m’a convaincue de rester !!

Et depuis cette formation : enseignes-tu ?

Techniquement, je n’enseigne pas régulièrement : je n’ai pas le temps ni un endroit qui me convienne. De temps en temps, je peux faire des cours particuliers, des remplacements et « assister » dans des formations. J’adore aller dans les formations car on a le temps de connaître les gens et les personnes sont généralement plus investies dans leur « healing », elles prennent soin d’elles.

Et alors tu as fait poppy perinatal yoga et pike camp ? Pourquoi ?

J’aime bien apprendre. J’ai une formation doula (une sage femme traditionnelle). Du coup Poppy, c’était naturel pour moi. Je voulais faire la formation avec Cath Allen, une gardienne de Forrest. C’est une formation qui est très thérapeutique car elle s’axe autour du core (centre), des abdos, du placement des hanches et de la posture. Cette formation m’a permis de retrouver plus de mobilité et de dépasser mes douleurs.

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Et le pike faisait aussi partie de ma liste : Cath Allen et Heidi Sormaz sont des praticiennes hyper fortes et peuvent impressionner (Note de Caro Caro : moi, elles m’impressionnent!). Mais, en fait, elles sont hyper accessibles et merveilleuses. Je me suis sentie très forte après la semaine de pike camp : force physique mais aussi mentale. Et puis ce n’était pas que des équilibres : il y avait aussi de la méditation et du yin yoga.

Sinon tu as aussi un don de sensitivité extra sensorielle  ?

J’ai ces dons depuis toujours. Je me suis toujours connectée à Dieu et à l’Univers ; je suis très croyante. Cela fait partie de ma vie. Les choses se sont décantées pendant la formation de bodywork, où je suis devenue encore plus « sensible ». Je savais et je voyais. Évidemment, cela s’est affiné. Et pendant une méditation, j’ai eu l’intuition qu’il fallait ouvrir cela à d’autres.

Est ce que tu as un yama ou un nyama préféré ?

Je n’ai pas une formation classique du yoga où on étudie les textes.

Dans la philosophie du yoga, il y a beaucoup de choses qui d’un point de vue spirituel font écho en moi. Ce qui m’a le plus marqué, dans mon développement spirituel, c’est la générosité. C’est important surtout dans le monde où l’on vit actuellement. C’est important pour moi, quelque soit mon statut économique et l’argent que je gagne.

Le plus difficile pour moi, c’est le lâcher-prise. On le met en lien avec le service de l’Univers. Or, servir la communauté et l’Univers, c’est important et c’est facile, et pourtant parallèlement, je trouve difficile de lâcher prise. C’est un exercice quotidien.

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Je tiens beaucoup à l’un des piliers du Forrest Yoga : la respiration. Cela a bouleversé ma vie. Avant ma formation, je n’avais aucune appréhension somatique de ma cage thoracique. Elle ne bougeait pas pendant la respiration. J’étais complètement anesthésiée. J’en ai parlé dans ma conférence TedX (https://www.tedxroyaltunbridgewells.com/speakers/2018/10/9/sarah-nada-arfa,).

Si tu avais des livres à conseiller à quelqu’un qui ne connaît pas le yoga ? Quelque chose qui t’a marqué ?

Deux auteurs me viennent à l’esprit :

Les ouvrages du Dr Joe Dispenza ( et ici) qui a beaucoup écrit sur la méditation et son impact positif sur nos vies et notre santé. Je l’ai écouté lorsque j’étais à l’hôpital. C’est à ce moment là que je me suis mise à méditer.

Et le Dr Nadine Burke Harris The Deepest Well: Healing the Long-Term Effects of Childhood Adversity ici» : cela parle de l’impact somatique d’évènements difficile intervenus lors de l’enfance. Le yoga et la méditation peuvent réparer ces traumatismes. Ses ouvrages nous prouvent scientifiquement que le yoga a un véritable impact sur notre santé, beaucoup plus que les médicaments.

Parviens-tu à t’aménager un moment quotidien rien que pour toi ?

Je médite tous les jours dès que je me lève. Différents types de méditations : guidées/ non guidées, avec / sans musique. Je suis plus agréable à vivre quand je médite. Quand j’ai le temps, je médite et je pratique mais parfois c’est difficile. Quand je peux, j’essaie de courir et de passer plus de temps en cérémonie selon les phases de la lune ou certains moments de l’année … même si ce n’est que quelques instants pour lâcher les tensions, c’est vital !

Tenir un espace sacré. « Hold the sacred space » Peux-tu nous en dire plus.

C’est difficile à traduire ; je dirais peut être « gardien d’un espace sacré ».

C’est un espace où on se sent en sécurité et pas co-responsable de l’espace. En tant que praticienne (prof de yoga, doula, bodyworker), c’est difficile d’être dans un cours et de voir que les élèves font des trucs pas bons pour leur corps au niveau biomécanique, de voir que les profs ne posent pas de question par rapport aux blessures/ allaitement/ la maternité ou le postpartum.

Il y a aussi le côté spirituel : le prof est présent et gère l’espace spirituellement. Mais j’ai du mal à l’expliciter. Pour nous, profs, cela signifie d’être ancré – pieds, mains, bassin -, d’être présent, d’utiliser la formule de la respiration (inspirer avant de parler pour poser les mots), respecter le corps de l’élève et alors, à ce moment là, une osmose se crée. L’espace est ressenti comme tenu. Mais c’est vrai que c’est difficile à décrire.

Par exemple, clairement pour moi quelqu’un comme Bikram ne peut pas tenir un espace, en tous les cas de mon point de vue. A l’inverse quand je suis élève, j’aime que les profs qui me connaissent me laissent de l’espace pour aménager certaines poses.

Un mantra ou une chanson que tu souhaites partager avec nous ?

Pas de mantra mais j’adore les chansons de Fia. C’est quelqu’un de très sympa, et les paroles sont très belles. Et puis, Jean Ferrat Chante Aragon « Quand on n’a que l’amour ».

Une posture préférée ?

Wrist streches (étirement des poigntets) pour le plaisir. Shoulder shrugs (mouvement d’enroulement des épaules avec un rapprochement des omoplates dans le dos et mouvement vers le bas) d’un point de vue purement utilitaire. Et le travail sur le psoas (je me mets sur un boudin assise, une jambe tendue, un pied contre le mur, et l’autre est repliée sur la poitrine) : les tensions s’envolent !

Posture que tu détestes ?

Les salutations au soleil. Et puis Jambo et Brian m’ont joué des chansons de Disney pendant une demie heure pour faire des salutations au soleil. Et maintenant ça va. Les postures que j’appréhende le plus sont celles où j’y arrive le moins et en même temps, ce sont celles qui me font du bien.

Pendant longtemps, je n’ai pas aimé les ouvertures de la poitrine : pont / roue / talon à la fesse en fente. Et puis, c’est devenu plus facile ! En ce moment, je galère sur tout ce qui est équilibre et piking ! Car cela signifie lâcher-prise complet et transcender mes peurs.

img_20190708_175843_8969221593625874212333.jpgMerci Nada !

3 réflexions au sujet de « Nada, la yogini espiègle ! »

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