Sauca ou comment lutter contre le coronavirus !

Non, il n’y a pas de recette miracle dans cet article ! Croyez le bien, je le regrette. Mais en ces temps très anxiogènes, je me dis qu’un petit pied de nez à cette forme de grippe et à ce trop plein d’information n’est pas une mauvaise chose. Pour les personnes qui angoissent, la respiration sera la pratique indiquée pour contrer ce stress avant de paniquer au moindre signe de grippe.

La principale recommandation pour éviter la propagation de ce virus sera la propreté. Aussi le nyama sauca me semble-t-il tout indiqué.

Śauca (शौच} signifie « pureté », « propreté », « honnêteté », « purification ».

Selon Jean Herbert, « en matière de propreté, de pureté (shaucha, shuddhî), nous pouvons attendre des hindous qu’ils considèrent surtout comme une vertu la propreté intérieure, et c’est en effet le sens qu’ils donnent le plus couramment à ce terme. Mais nous avons vu aussi leur préoccupation de la propreté matérielle, et les deux sont pour eux étroitement liées. « La purification des organes sensoriels est saucha », dit la Mayitri Upanishad. « La purification extérieure, écrit Swâmi Vivekânanda, consiste à conserver le corps en état de pureté. Celui qui est sale ne sera jamais un yogin. Il faut aussi la purification intérieure (…) [qui] a naturellement plus de valeur que la pureté extérieure, mais toutes deux sont nécessaires. » (source : wikipedia)

La pureté nous aide à nous détacher de notre propre corps et à cesser la recherche de la matière (Aphorisme II-40). saucat sva nga jugupsa parair asamsargah

Avec la pureté amenée par l’élévation spirituelle, viennent la gaieté d’esprit, la puissance de concentration, la maîtrise des sens et la capacité de réaliser le Soi (Aphorisme II-41). sattva shuddhi saumanasya ekagra indriya-jaya atma darshana yogyatvani cha

La pureté est d’abord corporelle. Beaucoup d’éléments contribuent à la purification. L’acte de se laver convenablement, de se vêtir proprement font partie des actes les plus élémentaires. Pour le pratiquant de yoga, cela signifie porter des vêtements propres et d’être propre soi même, mais aussi de se laver après la pratique des asanas et de nettoyer son tapis. Cela signifie vivre dans un endroit aéré et ouvert. La purification peut également passer par l’action de brûler de l’encens ou de la sauge, voire de mettre du gros sel dans les 4 points cardinaux de votre demeure.

Cela fait référence aussi aux shat karma. Les Shat Karma sont 6 techniques de nettoyage et de purification du corps (shuddhi kryias). On dit aussi Shat Kryia, selon que l’on utilise le sanskrit (shat karma) ou l’hindi (shat kryia).

Elles nettoient l’appareil digestif, l’appareil respiratoire et l’appareil excréteur. Il s’agit d’ôter du corps tout ce qui n’est pas nécessaire au corps et de lui son énergie et sa lumière. Après ces kryias, les postures de yoga et le pranayama ont plus d’impact sur le corps. Pour en savoir plus, lire Shat Karma : 6 techniques de nettoyage.

Pour prévenir toute forme de grippe et de rhumes hivernaux, la pratique de neti est indiquée.

Sauca c’est aussi la pureté mentale : c’est un travail long qui est en relation avec svadhyaha, la connaissance de soi. Il faut être naturel. Selon l’exégèse que est faite des yoga sutra, nous sommes des êtres divins, tels des diamants. Mais ces diamant ont été recouverts de poussière. Nous devons nous dépoussiérer et revenir à notre état premier, l’expression de notre nature vraie.

Dans le contexte social, environnemental et sanitaire dans lequel nous évoluons, je reste persuadée que sauca est plus que nécessaire. Cette pureté mentale c’est aussi un esprit critique, ouvert et non pas lobotomisé, phagocyté par la recherche du sensationnalisme des médias. Cette pureté c’est aussi l’acceptation de l’autre et non pas le rejet assorti de relents basés sur des préjugés raciaux ou de genre. Cette pureté intérieure c’est la morale avec un grand M. Pas celle imposée par notre société, le conditionnement du milieu familial, la bien-pensance ou les préceptes religieux. La pureté, c’est accepter les opinions différentes des siennes sans dans le même temps invectiver intérieurement son interlocuteur. La pureté intérieure devient alors bien supérieure à la pureté corporelle : elle conduit les grands maîtres à se retirer du monde.

Mais nous en sommes pas des Gurus. Et il n’y a pas de recette et le processus est peut être long. Mais je pense que SVADHYAYA, la connaissance de SOI est une des clés. L’acceptation de soi, et de ses évolutions, le travail sur ses propres traumas, la pratique de la méditation font partie du chemin vers la pureté intérieure. Le chemin du yogi consiste à éliminer le plus possible les gunas rajas et tamas pour rendre sattva le plus prédominant possible… à l’image du lotus qui émerge de la boue.

Hari om, om tat sat !



Catégories :Philosophie

Tags:, , ,

3 réponses

  1. Bravo! Bravo Caro!!! J’adore!!! Et c’est l’intention avec laquelle j’enseigne ce mois ci! Il n’y a pas de hasard!!! 😉

    Aimé par 2 personnes

Rétroliens

  1. Ethique et yoga – Le blog yoga de Caro Caro

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :