Covid-19 et yoga

La situation est étrange, comme tirée d’un film.  La ville se vide, devient silencieuse. Les journées sont travaillées, télétravaillées. Elles sont bien pleines, presque trop. Les têtes sont pleines aussi, du bruit des informations, des rumeurs, de l’égoïsme des gens. Bref, le COVID-19 me fatigue.

Il a fallu batailler pour obtenir l’extension de mon télétravail, mon métier  ne relevant pas de mission prioritaire. Il a fallu s’organiser et ne pas craquer lorsque le TGV de mon fils a été annulé, signifiant qu’il restait dans sa résidence étudiante.

Il a fallu dire aux gens de garder leurs distances – les fameux 1,5 m de rigueur .. et là les situations sont surréalistes. rappeler aux gens que on peut se contaminer sans le vouloir. Je ne parlerai pas de l’affligeant spectacle des rayons vides ou des caddies bien trop pleins. Que dire de ces personnes qui poussent leur caddie pour s’installer à côté de vous dans les rayons … mazette !

Il a fallu se regarder le nombril : que puis-je faire ? En quoi être utile ?

D’abord, ne rien faire. Rester chez soi, accepter le confinement pour ne pas s’ajouter à la liste des patients sous respirateurs. Accepter que mon fils reste là haut (moi étant tout en bas de la carte de France), seul, sans moi pour le couver. Accepter d’avoir un métier bien inutile au regard du péril économique.

Et puis, il y a ce regard à porter sur les émotions naissantes : la trouille, la tristesse, la colère. Qui n’a pas peur de mourir ? Franchement, lire les infos vous met le moral à zéro : les médias prennent un malin plaisir à vous démolir le peu de foi que vous aviez. En vous. En l’avenir et en l’humanité. Hormis l’essentiel, plus de JT sur les polémiques qui ne feront pas avancer le schmiblic.

Les réseaux sociaux ! J’avoue que le téléphone permet de garder le contact avec les siens, avec ses voisins et amis. Les whats app, messenger, boites mails permettent les échanges avec le reste du monde. Mais là aussi, que de conneries rencontrées sur Facebook, toutes aussi anxiogènes les unes que les autres, comme si certains prenaient un malin plaisir à semer la panique. C’est le phénomène des HOAX. Un truc que les réseaux sociaux, s’ils permettent le contact rapide, ont aussi amenés avec eux.

Alors que faire, si ce n’est vivre coupé intégralement du monde ? Ne pas fuir mais rester forte. Rester forte d’abord, cela ne veut pas dire ne pas avoir des moments de faiblesses. Mais rester forte, ça veut dire rester les pieds bien ancrés et avancer, s’autoriser d’éprouver de la joie. J’utilise le mot « autoriser » à escient. Dans cette ambiance, il est de bon ton de dire tout le bien qu’on pense du monde médical, faire des têtes d’enterrement à l’annonce d’un décès ou ds difficultés de la vie. Moi j’éprouve de la JOIE. Je me lève le matin, je suis bien. Mon entourage est bien. Le covid-19 ne passera pas par là. Je médite sur la joie et je respire la joie, Ananda. La force se crée d’elle même. Et quand le doute ou l’anxiété passe, je prends de la distance. Pourquoi est-ce que je veux éprouver ce sentiment d’anxiété ? Ai-je une vraie raison d’être anxieuse ? Suis-je malade ? Ai-je un motif de céder à la panique ? A ne plus me comporter humainement ?

Votre joie est votre tristesse sans masque.
et le même puits d’où fuse votre rire
fut souvent rempli de vos larmes.
Et comment en serait-il autrement ?
Plus profondément le chagrin creusera votre être,
plus vous pourrez contenir de joie.

La coupe qui contient votre vin
n’est-elle pas la même coupe qui fut cuite
dans le four du potier ?

Et le luth qui caresse votre âme,
n’est-il pas le même bois qui fut évidé au couteau ?

Lorsque vous êtes joyeux,
regardez profondément en votre cœur
et vous trouverez que ce qui vous apporte de la joie
n’est autre que ce qui vous a donner de la tristesse.
Lorsque vous êtes tristes, regardez à nouveau en votre cœur,
et vous verrez qu’en vérité vous pleurez
pour ce qui fut votre délice.

Il en est parmi vous qui disent :
« La joie est plus grande que la tristesse »,
et d’autres disent : « Non, la tristesse est plus grande ».
Mais moi je vous dis qu’elles sont inséparables.

Ensemble elles viennent,
et quand l’une vient s’asseoir seule avec vous à votre table,
rappelez-vous que l’autre dort sur votre lit.
En vérité vous êtes suspendus comme une balance
entre votre tristesse et votre joie.
Ce n’est que lorsque vos plateaux sont vides
que vous êtes immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulèvera
pour peser son or et son argent,
il faudra que votre joie ou votre tristesse s’élève ou s’abaisse.

KHALIL GIBRAN, Le Prophète

Et parce que je suis en joie, je suis forte. Je suis sereine et je peux parler à mon fils sans pleurer, de façon tout à fait banale. Je peux parler à ma mère, personne dite à risque, et lui remonter le moral, sans m’écrouler juste après.

Cette joie et cette force, je la tire forcément de ma famille et puis de mes amis. Tous ces messages font chaud au cœur. Je la tire de ma pratique du yoga et de ces enseignements :

Yoga cita vritti nirodah.

Le yoga est la cessation des perturbations du mental. Au fur et à mesure de cette pratique (et il y en a sûrement d’autres pour vous), j’arrive à devenir l’observatrice des émotions et à moins les subir (cela ne marche pas à tous les coups).

Vous pouvez faire du yoga à la maison. Il y a énormément d’offres sur internet. Je voudrais attirer votre attention sur le point suivant : prenez des cours payants ! Et oui, les profs de yoga sont des indépendants. Ils sont les victimes économiques de la crise. Pas d’indemnités chômage, les charges à payer, donc pas de revenus et des factures à payer. Je le vois avec mon asso : pour l’instant c’est moi qui paie tout de ma poche. Location de salle, comptes bancaires. Et moi, c’est microscopique au regard des charges des profs. Même s’il s’agit d’un cours sur donation, donnez un peu.

Bien sûr que c’est généreux de donner des cours gratuits … mais cela veut dire que cette personne a d’autres revenus. Le prof donne beaucoup et s’il n’a pas une rétribution de son investissement, il ne restera plus que les grosses boîtes de yoga : un yoga uniformisé, au goût de fitness.

Voici une liste non exhaustive de cours que je vous recommande :

Milana

Stephanie – Samadhi bien être

https://blissyogahome.fr/

Soyez forts et éprouvez ANANDA !

La peine te prépare à la joie.
Elle évacue violemment toute chose de ta maison afin que la nouvelle joie puisse trouver de la place pour entrer.
Elle secoue les feuilles jaunes de la branche de ton cœur afin que les feuilles vertes et fraîche puissent pousser à leur place.
Elle tire les racines pourries afin que les racines cachées dessous aient la place de pousser.
Quelle que soit la peine qui agite ton cœur, de bien meilleures choses prendront sa place.

 Jâlal Od-Din RUMI, Le Masnavi



Catégories :Réflexions

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6 réponses

  1. Ce n’est pas le yoga qui permet la cessation des « fluctuations mentales  » . Le yoga est cet arrêt.

    Aimé par 1 personne

  2. Sans travail à deux pour nous , pensée pour vous

    Aimé par 1 personne

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