Respiration, scène 6 : SURYA BHEDANA

Bonjour à tout le monde !
Je voudrais aujourd’hui aborder plusieurs points.
D’abord sur l’efficacité de la respiration. Plusieurs d’entre vous m’ont fait part de l’effet bénéfique de la respiration sur leur corps et leur mental. C’est vrai, la respiration, le pranayama, est un art guérisseur.
J’ai moi-même des migraines très régulièrement depuis plus de 25 ans. J’ai essayé plein de choses. ET j’ai eu des crises très violentes. Manque de pot cela n’arrive jamais quand je suis au fond de mon lit mais à l’autre bout de la France. Les longues heures de voyages deviennent un calvaire. C’est la respiration qui me permet de me focaliser sur autre chose que la douleur et à me faire « passer » le temps …
Je n’utilise dans ces moments là qu’une seule respiration : ample, longue et profonde sur les inspirs et les expirs. Parfois, je comte inlassablement. On arrive ainsi à un retrait des sens de l’extérieur vers l’intérieur, un espace a-temporel.
Je vous propose des exercices quasi quotidiennement actuellement. Cependant, le pranayama est un exercice sérieux qui demande régularité et qui va varier selon les aptitudes de chacun. Aussi, essayez de réitérer vos exercices plusieurs fois dans la journée. Si vous éprouvez des difficultés sur certains, par exemple les rétentions, diminuez l’effort : réduisez le temps de rétention, allongez le temps d’expiration. Si vous faites de l’hypertension, ne faites pas de longues rétentions. Si vous avez de la tension aux yeux ou des prédispositions au décollement de rétine, ne cherchez pas non plus à faire des rétentions trop longues. Enfin pour les femmes souffrant d’un prolapsus, vous pouvez serrer le périnée en fin d’expir légèrement (mulha bandha).
Parlons et essayons aujourd’hui SURYA BHEDANA.
Philosophie du yoga
Surya c’est le soleil en sankrit. Bhida, la racine de bhedana, signifie percer, passer à travers. Dans ce pranayama, toutes les inspirations se font par la narine droite et toutes les expirations par la narine gauche.
La narine gauche, c’est pingala qui active l’hémisphère droit du cerveau. Le côté rationnel et masculin des être humains. La narine droite, c’est ida qui active le côté gauche du cerveau, le cerveau émotionnel. Pingala va activer le système nerveux sympathique (= l’activité)  et ida le système nerveux parasympathique (= le calme).
Ce pranayama est centré autour du prana et notre relation au prana. En effet, surya bhedana a deux effets distincts :
– faire émerger la conscience pure : il permet de voir ce qui est invisible au-delà du matériel. Progressivement, on se voit passer d’une identification à la matière (le corps physique) à s’expérimenter en tant que vecteur même de la force vitale.
– l’expansion : on intensifie et concentre le champ pranique pour accéder à l’éveil spirituel.
La tradition utilise le soleil comme métaphore du prana pour les raisons suivantes :
– comme le soleil, le prana est le carburant de la vie – tout dans notre monde matériel est concentré autour de la lumière du soleil
– toute vie est lié au soleil et notamment la photosynthèse qui régit l’écosystème
– comme le soleil, le prana rayonne, même quand on ne le voit pas.
Pourquoi cette importance du prana ? Parce que « l’Infini est la cible, la flèche est le Soi et le prana est l’arc qui propulse la flèche ».
Plus vous accumulez et renforcez l’énergie, le plus vous pourrez l’utiliser afin de mettre en avant votre Soi pour vous connecter avec l’Infini (quelque soit votre définition de l’infini).
En médecine indienne (l’ayurveda), nous sortons d’une saison léthargique, dite kapha. Cela signifie que le corps a besoin d’être mis en action afin de se débarrasser du gras et des mucosités. Bientôt ce sera la pleine lune. Et puis, cela fait 15 jours que le confinement a travaillé. Les corps sont moins actifs et le caractère anxiogène de la situation et des infos (coupez les infos !) enserrent le corps dans un étau dont on ne sent pas forcément les excès.
Mise en œuvre du pranayama
C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui nous allons solliciter le côté énergétique de notre corps, pour réveiller tout cela et nous donner du pep’s !
Allez hop on commence, choisissez votre assise, confortable. Choisissez d’être dehors sur une chaise si vous avez terrasse ou jardin ou devant la fenêtre ouverte. Paupières closes, prenez d’abord le temps de vous recentrer sur vous même (les enfants et le boulot peuvent attendre 5 min), de revenir uniquement à votre corps pour abandonner ce que vous étiez en train de faire voilà encore quelques instants. Vous y reviendrez bien assez tôt. Sentez l’air du moment sur votre visage. Et sentez vos mains où qu’elles soient déposées.
Si vous êtes droitier, utilisez la main droite, si vous êtes gaucher la main gauche, si vous voulez changer vos schémas de fonctionnement (ça c’est bon pour la vitalité de votre cerveau), optez pour votre côté inhabituel.
Vous allez replier les doigts pour pouvoir pincer vos narines. Deux options : soit index et majeurs sont tendus, l’index est complètement replié et pouce et auriculaire vont bouger; soit seuls pouce et auriculaire sont tendus.
Et vous allez pincer  la narine gauche et inspirer par la narine droite, pincer la narine droite et expirer à gauche, pincer  la narine gauche et inspirer par la narine droite, pincer la narine droite et expirer à gauche
Faites le 50 fois !
Bonne pratique !
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Catégories :Pratiques

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