Charlie ou parce que ça fait briller mon coeur !

Aujourd’hui, je vous présente Charlie. Charlie est franco-britannique.

C’est ma prof de Forrest Yoga avec Jambo Truong dans ma Formation Prof de Forrest Yoga.

Mais nous nous sommes rencontrées il y a 4 ans déjà lors du second atelier de Forrest Yoga qu’Amie d’Asana Yoga Studio avait organisé, déjà avec Jambo, ici à Marseille.

Charlie rigole tout le temps, a toujours le sourire aux lèvres et les yeux pétillants. C’est un petit bout de femme déterminée qui incarne selon moi les valeurs du Forrest Yoga. Je dis déterminée car elle utilise un langage très clair et très honnête avec vous : le truth speaking, qui est un aspect extrêmement important du Forrest Yoga. Pendant la formation, à Glasgow, en Novembre dernier, nous devions préparé en groupe la séance de Forrest Yoga que nous allions offrir quelques jours après.

Ma principale difficulté n’est pas de comprendre (et encore… là n’est pas le sujet) mais de parler en anglais. Quand je suis passée, Charlie qui me connais un peu en version française, m’a demandé de chanter sur un air d’Edith Piaf mes instructions. Waouh ! Faut oser .. Et bien je me suis régalée. Elle m’a laissée faire sans m’interrompre mais en écoutant. Elle a tenu cet espace pour moi, le temps que la confiance s’installe.

Je suis très heureuse de vous proposer cette interview de Charlie : cela m’a permis à titre personnel de mieux la connaître et puis aussi d’aborder un thème qui m’est cher : le Forrest Yoga… en espérant que cela vous donne envie de le pratiquer ici en France !

Charlie, comment es-tu arrivé au yoga ?

J’ai essayé le yoga il y a 15 ans environ et c’était dans une salle de gym.

On était allongé par terre sous les couvertures et je me suis rendue compte que cela m’intéressait pas. En fait, je faisais des sports très intenses : course et boxe. Du coup, ce style de yoga ne me correspondait pas car je voulais vraiment travailler dur. Il fallait que ce soit hyper tonique. Avec le recul, je peux dire qu’en fait j’avais vraiment BESOIN du yoga sauf que je ne m’en rendais absolument pas compte.

En 2009, ou 2010, avec mon mari, on est allé faire une retraite de surf et yoga au Portugal. On n’était pas vraiment intéressé par le yoga. Mais c’était une opportunité de faire du surf pas trop loin de l’Angleterre. C’était vraiment chouette. Il y avait du yoga tous les matins et le soir. On faisait du Sivananda et de l’acro-yoga. Et dans ces cours comme il pouvait y avoir un coté un peu challenge (je n’arrivais pas à l’époque à faire le corbeau), cela m’a attiré. Du coup, en rentrant, j’ai trouvé un studio de bikram à côté de chez moi à Londres. J’y suis allée. J’aimais beaucoup la chaleur, le coté compétitif. C’était à l’époque ma vie : j’étais toujours en compétition dans ma vie avec moi-même et au boulot. C’est ça qui m’a d’abord attiré. Et puis, j’ai retrouvé aussi les sensations que j’avais connu quand je faisais de la danse à la Fac.

J’ai aussi fait du Jivamukti. Et puis j’ai rencontré une prof qui mêlait le Forrest Yoga avec l’Anusara Yoga. Et j’ai adoré son style. Elle était différente des images vues sur instagram : elle n’était pas super maigre, elle paraissait ne pas avoir de force – alors qu’elle avait énormément de force à l’intérieur. Cela m’a pris 6 mois et j’ai décidé d’être prof.

Comment es-tu devenue professeur ?

Je me suis inscrite à une formation de 200 h à Singapour pour du Anusara yoga. Elle a été annulée. Parallèlement, avec mon mari, nous avions décidé de partir aux États-Unis, j’avais quitté mon travail.

Je me suis dit : qu’est ce que je vais faire ?

J’ai appris alors qu’Ana Forrest faisait une formation au Texas. J’ai lu son livre Fierce Medicine et j’ai accroché.

Avant cela, je n’avais JAMAIS fait un cours entier de Forrest Yoga. Et je pratiquais depuis peu. J’avais 30 ans. Je me suis dite : Mais pourquoi n’ai-je pas fait cela avant ?

En fait, je n’étais tout simplement pas prête.

Il fallait que je passe par cette phase d’énergie intense et débordante.3371246

Le Forrest Yoga est effectivement un style intense de yoga mais j’ai

compris aussi qu’on ne doit pas lutter en pratiquant le yoga. Le Forrest Yoga m’a appris à lâcher, à être « douce » avec moi. La formation a été un déclencheur.

As-tu enseigné tout de suite ?

Oui quasiment. J’étais avec une copine qui avait fait la formation avec moi : une semaine une des deux enseignait et l’autre l’assistait et la semaine suivante on inversait les rôles.

Il n’y avait pas trop de pression.

Qu’est ce qui te plaît dans l’enseignement du yoga ? Et pourquoi aimes tu enseigner ?

J’adore partager, ce que je sens dans mon corps. En fait, j’ai envie que les autres se sentent bien dans leur corps.

J’aime ce moment où les personnes qui viennent avec des douleurs n’ont plus mal pendant et après la pratique. Ça fait briller mon cœur ! C’est la magie du yoga !

Comment décrirais-tu le Forrest Yoga ?

Même en anglais pour moi c’est difficile à expliquer car en fait cela change tous les jours.

Un des mantras d’Ana est :

Evolve or die.

Je pense que chaque jour j’évolue, et ma façon d’appréhender le Forrest Yoga évolue aussi tout le temps.

Mais comme il faut dire quelque chose, je pourrais décrire le Forrest Yoga de la façon suivante : c’est un style de yoga qui est assez intense car la vie est intense. On apprend à naviguer sur ces moments d’intensité dans notre corps et notre vie.

En pratiquant le Forrest Yoga, nous gagnons des outils pour apprendre à ressentir et à nous connecter à notre âme (l’essence de qui nous sommes vraiment) et à vivre d’une manière qui nous rend fiers de nous-mêmes. En plus d’être un excellent entraînement qui vous fait transpirer, cela fonctionne également à un niveau beaucoup plus profond. Par exemple, le Forrest Yoga vous aide à comprendre ce qui est important dans votre vie. Je ne m’ennuie jamais à pratiquer le Forrest Yoga. Parce que nous fixons une intention au début de chaque pratique, la pratique est toujours pertinente, jamais périmée. Je peux honnêtement dire que le Forrest Yoga a été un énorme système de soutien dans ma vie depuis 2011.

Comment vis-tu justement cette intensité avec la douceur recherchée dont tu as parlé précédemment ?

D’abord, je suis convaincue que cela est possible. Ce n’est pas antinomique. A l’intérieur on peut être fort et à l’extérieur on peut être très doux. Et je reviens souvent à ça. Quand je travaillais à Londres, j’ai été invitée à retourner au travail pour une fête de quelqu’un qui partait.

Tout le monde était là alors que j’étais partie depuis 2 ans. Une personne m’a dite : je croyais que tu étais une folle du boulot (« hard bitch »).

J’étais, dans l’équipe dirigeante, la seule femme. Je sais que j’avais mis un masque, une espèce de bouclier pour naviguer dans ce monde masculin.

En fait, j’avais perdu mon côté chaleureux. En commençant mon chemin, je me suis rendue compte que je pouvais toujours être une leader et en même temps garder mon vraie visage chaleureux et puis aussi que je pouvais être une maman.

imagesSur mon tapis, je me demande toujours ce dont j’ai besoin. Je suis à l’écoute. Et souvent, la réponse est « Plus douce ». Cela n’empêche pas une pratique physique intense. C’est dans ce moment là que je suis «powerful» (du mot « power », dans le sens de puissance – mais pas dans le sens péjoratif.On peut avoir de la puissance au sens féminin du terme).

Parmi les piliers du Forrest Yoga, on a le « Spirit ». Peux-tu nous en dire plus ?

Les Amérindiens l’appellent WAKAN SKAN « ce qui bouge en toutes choses », les fans de Star Wars l’appelleraient « La Force ». Ma propre façon de comprendre l’âme est l’énergie qui me relie à tout le reste et tout à moi, c’est l’énergie ou l’essence de qui je suis vraiment. La force en moi, si tu veux. Quand je vis d’une manière où je me sens pétillante au fond de moi, je sais que je suis connectée à mon âme. Je veux simplement que tout le travail que je fais me fasse briller. La façon dont je parle au gens me fait briller. Quand je me mets en congruence, les choses sont plus faciles. Le Forrest Yoga aide à gérer les moments où on ne trouve pas l’équilibre, en nous même ou dans notre environnement. La formation de Forrest Yoga est faite pour trouver notre âme. Notre chemin consiste à poursuivre ce travail et voir comment on peut travailler, intégrer avec les autres d’une manière qui est fidèle à nos propres besoins, sans être un connard ou une connasse narcissique.

Tu es inspirée par le Forrest Yoga, le chamanisme et Brooke Medicine Eagle. Quelle a été la suite de ton parcours après la formation de Forrest Yoga ?

D’abord, j’ai adoré les chants et les cérémonies aux 4 directions. Cela a activé quelque chose en moi que je ne connaissais pas. J’étais très curieuse. En revenant, de notre formation, Jambo m’a proposé d’aller avec lui faire un stage de chamanisme. Cela m’a beaucoup inspiré. J’ai aimé travailler avec l’âme et les éléments. J’adore la Nature, j’ai toujours été en contact avec la Nature. J’ai toujours été intriguée par les temps et les rituels préhistoriques. Quand j’étais plus jeune, je passais tous les jours par Avebury (cercle de pierre sacrée) sur le chemin de l’école. C’est toujours l’un de mes endroits préférés sur la planète. Donc, je suppose que j’ai toujours eu la sensation des méthodes de médecine, j’avais juste besoin de m’ouvrir à cette fréquence! J’ai pu travailler avec des professeurs vraiment excellents, qui ont inspiré ma façon de travailler avec les gens.

Tu m’aurais interrogé il y a 15 ans, jamais je ne t’aurais dit que je pouvais être attirée par le chamanisme.

Qu’est-ce qui t’attire dans le chamanisme ?

La connexion à la Nature. Et puis, cela marche ! Quand je travaillais en société, j’ai fait beaucoup de formations pour être un bon manager.

Le chamanisme est à la base de tout ça. Toutes les formes d’aide, d’amélioration de soi sont inspirées d’une façon ou d’une autre du chamanisme. C’est ça que j’ai senti. Il y avait tellement de lien avec ce que j’avais déjà fait. C’est pur, à la base de tout. Et quand je travaille avec mes clients, même s’il ne sont pas venus pour un soin chamanique, c’est ce qui me permet de sentir ce que nous devons faire ensemble. C’est très fort.

Par exemple, on ramasse des cailloux et on fait des dessins avec ces cailloux : la personne les arrange à sa manière et cela permet de rentrer dans le socle psychologique de la personne pour l’aider et trouver une solution ou un chemin qu’elle peut suivre elle-même. Cela aide à identifier où il y a un problème. Cela les aide à trouver leur chemin : celui de découvrir la version la plus belle de soi, celui de la guérison, peu importe.

Tu es très connectée au féminin. Tu enseignes le Poppy Yoga (yoga pre et post-partum). Peux-tu nous en dire plus ?

C’est Cat Allen, une gardienne de Forrest Yoga qui a créée cela. Quand j’ai eu ma fausse couche, je l’ai contactée car à l’époque en France je n’étais pas dans le système de la sécurité sociale. Je ne savais pas quoi faire. C’est elle qui m’a aidée. Après cela, je suis tombée enceinte. Je faisais des postures que la plupart des yoga de grossesse vous disent de ne pas faire, j’ai aussi adapté des postures et je me sentais vraiment bien. Mon approche de ma pratique était conforme aux enseignements de Cat.

Je voulais démystifier le yoga prénatal pour les autres et donner un excellent soutien post-partum (il y a un énorme manque de bon yoga post-natal!). Cat m’a formée pour que je puisse ensuite donner moi-même les formations.

A chaque fois que j’enseigne cette formation, on crée un endroit très sacré. C’est différent des formations de Forrest Yoga. Il y a souvent des bébés présents (!), c’est une énergie nourrissante d’une autre façon. On travaille assez profondément car on touche au sacré féminin. Quand je parle du féminin, ce ne concerne pas que l’apparence : c’est une énergie. Il ne s’agit pas de se sentir femme, c’est très intérieur.

Tenir un espace sacré. « Hold the sacred space » Peux-tu nous en dire plus ?

C’est écouter et être présent pour quelqu’un sans juger. Brene Brown explique cela ainsi (Dare to lead) : elle était avec une copine et étaient stressées car elle avait un RV important. Sa copine a tenu un espace : elle l’a écouté sans utiliser des mots comme « tout va bien aller tu vas voir ». Elle l’a laissé naviguer dans ses émotions.

C’est cela tenir un espace : on laisse découvrir et trouver son propre chemin. Il doit avoir de la confiance entre la personne qui tiens l’espace et la personne qui ouvre ses émotions. C’est très important. Parfois, les entraîneurs, les chamans, etc. ont d’autres choses à faire pendant qu’ils tiennent l’espace, mais l’important c’est d’être présent !

Des projets prochains ?

Ils y en a plusieurs !

Je viens de lancer une série de 3 ateliers postnatals en ligne en direct, à partir de mai (site de Charlie pour plus d’infos) :

– Césarienne sacrée, Amour pour votre Linea Alba et Après la perte. J’ai hâte d’enseigner ces ateliers. Je sais qu’ils sont nécessaires !

J’ai une formation de 4 jours pour le yoga et une cérémonie pour le plancher pelvien / périnée en septembre avec une autre grande enseignante de Forrest Yoga, Szilvia Campbell. Ce projet est en gestation depuis quelques années et nous sommes ravis de le faire enfin naître ! 😉

Je voudrais proposer le Forrest Yoga à plus de Français. Il y a quelques professeurs de Forrest Yoga en France et j’aimerais augmenter la sensibilisation au Forrest Yoga — je veux que plus de gens pratiquent le Forrest Yoga en France. J’étais à l’avant-garde de la sensibilisation au Forrest Yoga au Royaume-Uni – il est temps de faire la même chose ici !…Et en étant Gardienne, je me sentirais suffisamment forte, pour mener ce projet à bien.

Un mot important pour toi ?

C’est pour moi la question la plus difficile. L’amour : recevoir, donner, voir autour de moi les gens qui s’aiment. C’est ça ce qui est important pour moi.

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