Aller au fond des choses en yoga : point de vue

Yoga Citta vrtti Nirodah … Souvent vous trouvez cette phrase quand vous lisez des textes ou des articles sur le yoga. Le sutra n°2 du premier pada des Yoga Sutra de Patanjali : le yoga est la cessation des fluctuations du mental / de la fragmentation du mental.

La pratique du yoga consiste à mettre fin aux souffrances (les vrttis et les kleshas… tranche de vie à travers le yoga; La sagesse des Yoga Sutra). Le yoga c’est l’UNION. Pour y arriver, à travers une pratique consistante et régulière (abhyasa) et détachée de tout but (vayragya), le yogi travaille sur :

  • la connaissance de soi, svadhyaya
  • l’apaisement du mental pour développer le recul et le discernement
  • la santé du corps physique avec les asanas et l’ayurveda, la santé de l’âme ne pouvant être assurée sans la santé du corps
  • le développement des énergies dans et hors du corps et leur conscience avec pranayama et méditation

 

Pourquoi viser l’Union ? Est-ce à dire que l’homme ne vit pas en union ? La réponse est oui. Le constat est que l’homme sur Terre vit dans la souffrance (Samkhya 3 : la souffrance). En effet, la perception de l’être est modifiée par l’ego et l’esprit (citta). Le jeu des gunas (Les gunas) modifient notre perception . Nous sommes séparés de notre véritable ÂME et cette âme est la duplication de PURUSHA, Atman.

J’utilise à escient le mot duplication, car, un des points fondamentaux de la philosophe orientale est que macrocosme et microcosme sont identiques. Ce qui existe à l’échelle de l’Univers (le macrocosme) existe à l’échelle de l’individu (le microcosme). En chacun de nous, il y a l’Univers, d’où cette unité/union entre l’âme et le corps, entre le microcosme et macrocosme entre Purusha, Paratman, Jivatman, Atman et Brahman (Brahman, Atman, Tu es Cela). C’est aussi pour cela que l’on parle d’involution (Samkhya 2 : la composition du monde – les tattvas) et non d’évolution lorsque l’on évoque son chemin en yoga.

Les quatre premiers membres sont plutôt tournés sur l’extérieur, l’enveloppe physique. Le pranayama fait le lien entre l’extérieur et l’intérieur. Le souffle, en effet, au sens de prana n’est pas que la respiration. Il circule dans les vaisseaux de l’organisme entier, y poussant le sang et les autres matières, attisant le feu intérieur, permettant la digestion, et assurant la parole. Le souffle permet aussi les perceptions entre les organes des sens et le cœur où elles sont combinées pour alimenter manas, l’esprit. C’est le souffle intérieur qui permet les mouvements du corps. Les membres suivants sont intérieurs.

En évoluant sur le chemin du yoga, les premiers ressentis sont extérieurs : on se sent bien dans sa peau, on se meut, on respire mieux, on commence à évoluer dans la société différemment. Nombreux seront les pratiquants qui s’arrêteront là. Et c’est déjà immense.

Et puis, il y a ceux qui vont poursuivre. Le chemin est plus intense. Intense ? Tapas, le feu, va soutenir les efforts et pas seulement physique. Je crois que ce qui va devenir plus difficile c’est le changement en soi : la volonté de creuser profondément et de travailler sur ses blessures, ses certitudes et ses incertitudes. On brûle l’inutile, les attachements, le bruit. Des émotions pas forcément agréables remontent et restent scotchées un moment. Comment savoir ? Comment savoir si on évolue correctement ?

La réponse réside dans le silence qui s’inscrit à l’intérieur. Progressivement, le calme s’instaure d’où jaillit la réponse. Sans effort. Ce matin je participais à une belle pratique où le professeur, Josh Blau, disait que le plus important était la présence. En effet, la présence permet de connaître, d’asseoir sa confiance et de savoir. De savoir qui l’on est vraiment et non pas de passer sous le prisme du regard d’un autre. Nous avons cette fâcheuse tendance à penser que l’autre sait mieux que nous qui nous sommes. Sauf que l’autre nous fait passer au trapèze de ses propres certitudes et modes de pensée certainement très éloignés de qui l’on est vraiment. Il faut se détacher de l’opinion des autres. Effectuer cette exercice de détachement n’est pas facile. Le process peut s’enclencher dans un espace de bienveillance et où les participants respirent pour vous et sans juger. Jamais. Pouvoir s’exprimer vraiment sans avoir peur d’être jugé.

J’ai pour ma part la certitude que je ne montre pas encore la totalité de qui je suis. Pourquoi ? J’ai peur ! L’évolution dans un contexte professionnel bien loin du yoga ne m’incite pas à dévoiler la totalité de qui je suis. Par peur du jugement. C’est dommage ? Oui ! Mais c’est lassant, fatiguant de toujours se justifier, expliquer, faire face aux moqueries, ricanements. Je suis taxée de femmelette, de « perdue », changée, mollasse, complètement folle, trop gentille (beaucoup trop) …  Pas simple.

Émotionnellement, vous pouvez connaitre un yoyo : vos certitudes deviennent incertitudes, des mots prennent une signification amplifiée par rapport à ce qu’ils sont réellement. Des fois, vous ne savez pas pourquoi, mais dans une asana, tout d’un coup, votre corps lâche quelque chose. Vous criez, pleurez, riez. Et cela fait du bien. Quelque chose est partie, nettoyée.

Et puis parfois, des rencontres vous permettent de vous affirmer / confirmer / planter votre confiance. Et là, tout devient plus simple. Alors aujourd’hui, je ressens de la gratitude pour ses simples mots : Ecoute toi toi-même, suis ton intuition, essaie !

 



Catégories :Réflexions

Tags:, , , , , , , , , , , , ,

1 réponse

  1. PASSIONNANT COMME TOUJOURS ; GABRIELLE

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :