J’ai lu Fierce medecine d’Ana Forrest : prendre soin des gens, épisode 8

Vous allez me dire : mais quelle dissonance avec un article précédent Le prof de yoga, thérapeute ?. C’est vrai ! Bien française, je donne beaucoup d’importance au diplôme de médecine. Bien rationnelle, j’ai dû mal à croire que je puisse être d’une quelconque aide. Et puis, il y a tellement de dérapages dans le monde du yoga, qui est devenu une industrie, un business, que je n’ose m’aventurer sur un tel chemin.

Des charlatans, j’en ai rencontré sur mon parcours de vie. Je me méfie de tout ce qui peut se présenter comme l’unique solution à tel problème. J’ai vu tellement de gens se faire avoir, se faire abuser parce qu’à un moment donné de leur vie, ils ont eu des « faiblesses » et besoin d’aide. D’ailleurs, je m’inclus dans ces gens. Quand on souffre, physiquement ou émotionnellement, on cherche une solution pour s’en sortir. Migraineuse chronique, j’ai parfois ma sale tête. Hier par exemple. Je suis alors lessivée, je ne peux rien, RIEN, faire (ou presque puisque je travaille quand même, mais au ralenti). Et j’ai mal. On apprend à supporter un peu. On se médicamente, un peu pour ce qui me concerne. Et j’essaie d’être patiente en priant pour que ce que je mets en place fonctionne et que demain soit un nouveau jour. Le 2ème jour n’est pas souvent un nouveau jour. C’est le problème de la migraine. Et il y a tellement de maladies invalidantes que les gens ne soupçonnent pas …. tant qu’ils n’en souffrent pas. Et tant mieux pour eux !

J’ai rencontré des gens merveilleux ayant la capacité de prendre soin des autres, de les aider. En un sens ils sont thérapeutes, sans en avoir le diplôme. Pourquoi ?

Ana Forrest dont la vie est très loin d’avoir été facile dans le chapitre 7 de son livre explique que nous sommes dotés, tous, à des degrés divers de la qualité d’empathie, c’est à dire de reconnaitre et comprendre les sentiments et les émotions d’un autre individu. Dans un sens plus général, elle représente la reconnaissance de ses états non-émotionnels, tels que ses propres croyances. Dans ce dernier cas, il est plus spécifiquement question de l’empathie cognitive.Dans le langage courant, le phénomène d’empathie est souvent illustré par l’expression « se mettre à la place de l’autre » (définition Wikipédia).

Savoir voir et écouter sont deux qualités qui sont développés en Forrest Yoga. Pour prendre soin de soi ( car si on n’est pas bien soi-même comment prendre soin des autres ?). Voir et écouter ce n’est pas qu’ouvrir les yeux et regarder et entendre. Oui on apprend à lire petit à petit le corps d’une personne, à déceler les blocages d’abord physiques, les blessures, les compensations et aussi à sentir l’énergie dégager par une personne. On l’entend alors avec ses yeux avec ses mains et avec son cœur. Être empathe, c’est cela. L’idéal n’est pas de prendre pour soi les blessures de l’autre afin d’aller au delà. On dépose alors une espèce de diagnostic qui permet à travers les asanas, le pranayama d’accompagner son élève. La séance se fait plus personnel même si vous avez 10 élèves avec vous. Parce que bien que vinyasa, le Forrest Yoga permet une adaptation permanente des postures et notamment aux blessures.

Ce qu’Ana Forrest a développé c’est la prise de conscience aussi du professeur que de l’élève, la prise de conscience qu’on peut vraiment se faire du bien en se prenant en main. Les intentions posées sont déterminées par rapport à ce qui est ressenti. Je me souviens qu’Amie, ma première prof de Forrest demandait systématiquement en début de cours quelle était notre niveau d’énergie.

Pendant longtemps, j’ai douté de cette capacité à sentir. Sur certains exercices, certains pensaient que j’en serais incapable. Je ne leur lance pas la pierre parce que c’est ce que mon corps disait : Caro n’est pas capable. Parce que je me sentais différente des autres, bien trop rationnelle, bien trop les pieds sur terre. parce que je ne disais jamais : « je sens ». Parce que je ne me faisais pas confiance. Ce qu’écrit Ana Forrest, c’est que tout émet de l’énergie. Il n’y a pas besoin que vous vous entriez en transe pour sentir ! Et oui ! Il y a plusieurs degrés.

Je crois que j’ai perdu ce manque de croyance en mes capacités entre mes ateliers de bodywork avec Jambo et ma formation de Forrest en anglais. A escient je dis avec avec ma formation en anglais. Le fait de devoir investir une formation dans une langue que je pratiquais peu m’a mise dans une situation inconfortable où j’ai dû abandonner pas mal de choses. Comprendre est une chose, elle se fait presqu’au niveau instinctif. Et c’est ce qui s’est passé, j’ai dû mettre le mental sur pause et laisser le corps faire. C’est un processus long. Très long. La respiration est centrale. l’observation et l’écoute de son propre corps aussi. Il s’agit de dépoussiérer ses capacités, ré-apprendre à écouter son intuition.

La confiance des profs est essentielle. Parce qu’ils vous poussent, essaient de trouver le truc qui va déclencher en vous la réponse. Je crois aussi que le fait d’enseigner en anglais a été un déclencheur. Wow ! Comment tout dire ? Ben je ne pouvais pas ! Alors ce sont les mains qui prennent le relais. Parce qu’on apprend à assister la personne : ce sont les « hands-on assists ». Soyons bien clair à ce sujet : il ne s’agit pas d’être sur la personne H24 et la toucher tout le temps. Le toucher est doux et sensitif. il permet à la personne de prendre conscience de son corps, de croire en ses capacités, de sentir le corps, la respiration, la posture aussi pour aller au-delà du blocage. On demande la permission, la permission d’entrer dans l’espace de la personne. Par la vibration de qui l’on est on instaure un dialogue muet avec le corps de l’autre. On ressent ce qui peut être approprié de ce qui ne l’est pas. Parce qu’on apprend à enseigner avec les traumas de l’autre, parce qu’on fait beaucoup d’anatomie.

Cependant, ce n’est pas parce que l’on apprend cela que je peux dire que je soigne l’autre. C’est pour cela que je dis que je ne suis pas une thérapeute. Pour moi, c’est une façon d’aider. C’est la personne elle-même en retrouvant ses capacités ou en les découvrant qui fait le chemin. Le prof de Forrest Yoga ne fait que mettre la personne sur cette voie. Le prof de yoga est donc un empathe qui aide. C’est comme cela que je définis ce qu’appelle Ana Forrest le « healer ».

Pour information, j’ai créé il y a peu une chaine You Tube où je mets en ligne quelques pratiques de Forrest Yoga afin de vous faire découvrir cette pratique. Ma chaîne s’appelle Caroyoga Forrest Yoga en français. Vous pouvez faire la recherche en tapant forrest yoga en français, vous me retrouverez facilement. De même, il existe un groupe Facebook Forrest Yoga en Français et un compte instagram Forrestyogafrance. N’hésitez pas à vous abonner à l’un ou l’autre ou aux 3. plus on aura de clic, de « j’aime », d’abonnés et de partage plus nous arriverons à développer le Forrest Yoga en français et qui sait, peut être de faire venir en France Ana Forrest ? (je dis nous car nous sommes déjà quelques profs derrière le groupe facebook et le compte instagram) !



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